Grâce aux applications du web 2.0, les sites d’évaluation des ressources hospitalières et des soignants par les usagers se sont développés ces dernières années. Au Canada, le site d’évaluation des soignants le plus populaire est ratemds.com.
Lors de la conférence «Extension de l’expertise ? Experts et amateurs en communication et culture» qui s’est déroulée  les 30 avril et 1er mai 2011 à  l’Université d’Ottawa, Nadia Hay, doctorante de l’Université de Calgary, présentait une communication intitulée «Patients perspectives of the medical profession on the web», s’appuyant sur une analyse de contenu des commentaires laissés par les patients concernant les omnipraticiens de Calgary.
La chercheure a sélectionné de manière aléatoire 54 médecins de Calgary ayant fait l’objet de commentaires et a retenu pour analyse 24 d’entre eux ayant reçu le plus grand nombre  d’évaluations. L’analyse de contenu thématique met en évidence une polarisation des commentaires. Les critiques négatives concernent surtout le manque d’écoute des médecins et le fait que les patients n’ont pas le sentiment d’être pris au sérieux. Certains patients rapportent aussi des expériences difficiles : diagnostics erronés ayant eu des conséquences graves, comportement du soignant jugé non éthique (orientation vers des services privés dans lesquels les médecins ont des intérêts financiers, critique du mode de vie du patient, attitude méprisante, etc.). Les critiques positives, équivalentes en nombre aux commentaires négatifs, font au contraire état de médecins à l’écoute, minutieux et rigoureux dans leur diagnostic et ne poussant pas à la consommation de médicaments. Enfin, les patients se montrent très sévères à l’égard du système de santé, soulignant la pénurie de médecins de famille et l’épuisement du corps médical et leurs conséquences sur la qualité des soins.
Cette étude est intéressante car ces sites d’évaluation des soignants ont fait l’objet d’une couverture médiatique assez importante, insistant notamment sur leur mauvaise réception par les médecins,  mais ont été peu analysés. Il serait maintenant nécessaire de cerner la façon dont les internautes font usage de ces ressources.













