Plusieurs recherches ont démontré le potentiel d’Internet pour la promotion de la santé auprès des minorités sexuelles LGBT (les personnes se définissant comme lesbiennes, gaies, bisexuelles ou transgenres). Toutefois, ces travaux ont essentiellement porté sur les programmes destinés aux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH), tandis que les programmes Internet destinés aux autres minorités sexuelles LGBT sont très peu documentés.
C’est pourquoi des chercheurs de l’équipe Sexualité Vulnérabilité et Résilience (SVR) ont décidé de recenser et de documenter les programmes Internet de promotion de la santé ciblant les minorités sexuelles au Canada. Leur recherche (1) a identifié 237 organismes canadiens proposant des informations sur la santé aux minorités sexuelles via leurs sites ou d’autres activités en ligne. Leurs gestionnaires ont été contactés et 72 organisations ont participé à la recherche.
Les résultats montrent que deux grandes catégories d’organismes sont à l’origine de ces activités en ligne, ceux offrant de l’information sur divers thèmes reliés à la santé LGBT et ceux proposant des contenus davantage reliés au VIH/sida. La majorité des organismes dans ces deux catégories sont des organismes communautaires et des associations ou coalitions, œuvrant par exemple pour les droits de la personne ou pour la lutte contre l’homophobie.
Thématiques abordées en ligne
Les principaux thèmes de santé abordés dans les sites participants (50 % des sites ou plus) sont : l’homophobie, le bien-être sexuel, l’utilisation du condom, les infections transmissibles sexuellement ou par le sang (ITSS), la discrimination et le processus de dévoilement de l’orientation sexuelle (coming out) et les relations familiales. Près du tiers des sites présentent des informations sur les relations de couple, environ un quart sur la violence, la consommation de drogues, le suicide et la dépression et un site sur cinq aborde des thèmes comme la fin d’une relation, la consommation d’alcool et le décès d’un proche.
Parmi les thèmes moins fréquemment abordés (moins de 20 % des sites), on retrouve le stress et le niveau de stress ou d’anxiété élevé, la dépendance affective, l’image corporelle, la prise en charge d’une personne souffrant de maladie et la recherche d’un partenaire stable ou régulier. Le jeu compulsif, la dépendance à Internet et la sexualité compulsive sont des thèmes plus rarement traités dans les sites (moins de 10%). On remarque des différences statistiquement significatives lorsque l’on compare les informations sur la santé disponibles sur les sites LGBT et les sites VIH/sida (p<0,005).
Les organismes VIH/sida sont plus nombreux à présenter des informations sur des thèmes tels que la santé sexuelle (ITSS, utilisation du condom, pratiques sexuelles et niveaux de risques associés) et les sites LGBT sont plus nombreux à présenter des contenus reliés au suicide et à plusieurs autres thèmes de santé ayant trait aux relations interpersonnelles et sociales (discrimination, coming out et violence).
Activités interactives
Si nombre d’organismes témoignent d’un intérêt à utiliser les médias sociaux, ceux proposant de véritables activités interactives sont relativement peu nombreux (environ un tiers). Une stratégie adoptée par plusieurs organismes consiste à créer un profil sur les réseaux sociaux tels que YouTube, Facebook ou MySpace afin de rejoindre des usagers qui ne visitent par leurs sites. Ces sites de réseautage offrent en effet un potentiel intéressant pour des interventions en matière de santé.
(1). Les résultats de la recherche sont présentés et discutés dans un chapitre du livre à paraître en 2011: Lévy, J.J, Dumas, J., Ryan, B., Thoër, C. (sous presse). « La santé et les interventions auprès des minorités sexuelles sur les sites Internet canadiens » dans Lévy, J.J, Dumas, J., Thoër, C. (dirs). Minorités sexuelles, Internet et santé, Presses de l’Université du Québec, Collection santé et société.













